Ottawa RiverRegulationPlanning BoardCommission de planificationde la régularisationde la rivière des Outaouais

FAQ

La Commission de planification publie les questions les plus fréquemment posées afin de fournir aux résidents du bassin de la rivière des Outaouais et à ceux qui vivent en aval de la rivière, dans l’archipel de Montréal, des renseignements sur la façon dont la gestion intégrée des principaux réservoirs du bassin de la rivière des Outaouais est mise en œuvre, les limites de la régularisation du débit, les connaissances concernant le régime d’écoulement de la rivière et d’autres sujets d’intérêt.

Cette FAQ contient des questions qui ont été souvent posées ou qui abordent certains sujets pouvant intéresser la population selon la Commission de planification. Veuillez faire parvenir vos commentaires, suggestions et questions au Secrétariat pour la régularisation de la rivière des Outaouais (voir la page Nous joindre).

FAQ – Crue de 2019

Q1 : Qui fait partie de la Commission de planification et que fait-elle?

Le Canada, l’Ontario et le Québec ont constitué en 1983 la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais (la Commission de planification) dans le but d’assurer la gestion intégrée des débits sortants des principaux réservoirs du bassin versant de la rivière des Outaouais. Cette gestion intégrée a pour but de minimiser les impacts liés aux inondations et aux étiages le long de la rivière des Outaouais et de ses affluents, particulièrement dans la région de Montréal, tout en maintenant les utilisations bénéfiques de l’eau, notamment la production d’énergie hydroélectrique, et en respectant les niveaux et débits d’eau environnementaux ou prévus par la loi pour les autres intérêts.

En vertu de la Convention relative à la régularisation du bassin de la rivière des Outaouais de 1983, les gouvernements ont également créé deux autres organismes qui relèvent de la Commission de planification, soit le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais et le Secrétariat pour la régularisation de la rivière des Outaouais, qui agissent respectivement comme le groupe opérationnel et le groupe de travail de la Commission de planification.

La Commission de planification est formée de sept membres, soit trois représentants du Canada, deux de l’Ontario et deux du Québec. Les organismes qui en sont membres sont les suivants :

  • Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec
  • Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario
  • Hydro-Québec
  • Ontario Power Generation
  • Environnement et Changement climatique Canada
  • Services publics et Approvisionnement Canada
  • Garde côtière canadienne

La Commission de planification s’assure également que l’information hydrologique pertinente, telle que les conditions hydrologiques prévues en rivière, soit mise à la disposition du public et des organismes gouvernementaux, notamment les organismes provinciaux étant donné que la préparation et l’émission d’avertissements liés aux inondations le long de la rivière des Outaouais sont une responsabilité provinciale.

Q2 : Qu'est-ce que la « gestion intégrée des principaux réservoirs» ?

On compte treize principaux réservoirs dans le bassin qui sont l’objet d’une gestion intégrée selon les politiques de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais (la Commission de planification).  Ces réservoirs, qui ont une capacité de stockage dépassant 200 millions de mètres cubes, sont exploités par les quatre organismes dont est constitué le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais (le Comité de régularisation). Le terme « gestion intégrée » signifie que ces divers exploitants de barrage intègrent leur processus décisionnel pour les réservoirs en un seul processus, offrant ainsi un système commun d’information et d’aide à la décision.  Cet échange d’information par l’entremise du Comité de régularisation, permet aux exploitants de connaître les effets de leurs décisions de soutirage des principaux réservoirs sur les débits et niveaux d’eau en aval et d’apporter quotidiennement des ajustements, dans le but de minimiser les impacts liés aux inondations et aux étiages.

Il est à noter  que le rôle de la Commission de planification est souvent mal interprété comme étant celui d’un « conseil de contrôle », ce qu’il n’est pas. La Commission de planification n’a pas de pouvoir légal sur les décisions des exploitants des principaux réservoirs. Chaque exploitant demeure responsable de la stratégie d’exploitation et des décisions concernant ses ouvrages.

Q3 : Qui fait partie du Comité de régularisation et que fait-il?

Le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais (le Comité de régularisation) est responsable envers la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais (la Commission de planification) de la gestion intégrée des principaux réservoirs.  Le Comité de régularisation est formé des quatre organismes qui exploitent les principaux réservoirs dans le bassin et qui sont chargés des activités d’exploitation quotidiennes aux barrages, c’est-à-dire : Hydro-Québec, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, Ontario Power Generation, et Services publics et Approvisionnement Canada.

Au sein du Comité de régularisation, les membres établissent un consensus sur la stratégie de régularisation à prendre qui est en conformité avec les politiques et critères de régularisation adoptés par la Commission de la planification.  Pour se faire, les membres du Comité de régularisation parviennent à un accord sur les conditions réelles en rivière, les conditions prévues en rivière et les modalités appropriées de régularisation, notamment, l’augmentation ou la diminution des apports contrôlés des principaux réservoirs.  De plus, le Comité de régularisation est responsable de la diffusion de renseignements pertinents au public et à d’autres organisations.

Le Centre de contrôle des eaux de surface du Ministère des richesses naturelles et des forêts de l’Ontario est membre associé du Comité de régularisation en raison des données hydrométéorologiques qu’il fournit et du rôle important qu’il joue dans la diffusion d’information en Ontario.

Le Comité de régularisation peut aussi formuler des recommandations à la Commission de planification pour de nouvelles pratiques et modalités de régularisation et d’exploitation au besoin.

Q4 : Comment se fait la « gestion intégrée » dans le bassin de la rivière des Outaouais?

Pour parvenir à une gestion intégrée, un échange de données en continu entre les organismes qui forment le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais (le Comité de régularisation) est nécessaire.  Le Secrétariat pour la régularisation de la rivière des Outaouais (le Secrétariat) agit comme centre de traitement des données pour le Comité de régularisation et assiste celui-ci dans tous les aspects de son travail.

Lors de la crue printanière, ou autre période de forte hydraulicité, il y a un échange journalier de données entre les organismes qui forment le Comité de régularisation et le Secrétariat. Les données transmises par les organismes comprennent notamment des données en temps réel de niveaux d’eau et de débits provenant d’équipements de télédétection répartis dans tout le bassin, des mesures du couvert neigeux,  ainsi que des déclarations des activités d’exploitation prévues à leurs ouvrages pendant une période de dix jours. Le Secrétariat intègre ces données aux apports prévus pour tous les affluents et autres endroits dans le bassin, et ceux-ci servent d’intrants à des modèles de simulation d’écoulement qui prévoient les niveaux d’eau et les débits à différents endroits dans l’ensemble du bassin. Les résultats des modèles sont évalués par le Comité de régularisation et le Secrétariat, puis examinés lors d’une conférence téléphonique pendant les périodes critiques pour confirmer ou modifier la stratégie d’exploitation dans le but de réduire au minimum les impacts des inondations. Ce processus est répété chaque jour durant la crue printanière et autres périodes de forte hydraulicité.  Il est répété une fois par semaine en temps ordinaire.

Q5 : De quelles façons la Commission de planification parvient-elle à minimiser les impacts liés aux inondations?

Tous les ans, des mesures pour réduire les inondations sont effectuées par les membres du Comité de régularisation de la rivière des Outaouais (le Comité de régularisation), en préparation pour la crue printanière. Le tout commence par la vidange progressive des principaux réservoirs pendant la période hivernale. Cette vidange permet de rabaisser le niveau des réservoirs et d’ainsi disposer d’espace de stockage permettant d’emmagasiner une partie des apports en eau lors de la crue printanière. Par le biais de la gestion intégrée qui est réalisée par la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais, les débits sortants des réservoirs sont ajustés quotidiennement afin de réduire les débits en aval des réservoirs et ainsi minimiser les dommages liés aux inondations le long de la rivière des Outaouais, de ses principaux affluents et dans la région de Montréal.

Il faut noter qu’il n’est pas possible de retenir la totalité des apports en eau puisque le volume du ruissellement durant la crue dépasse en général la capacité d’emmagasinement des réservoirs. Sauf pour les années où il y a peu de neige et de précipitations, la plupart des réservoirs principaux doivent laisser sortir une partie importante de l’eau de ruissellement qui s’y draine. De plus, une partie importante du ruissellement en provenance du bassin est non régularisée, soit environ les deux tiers, et se draine vers les affluents et la rivière sans qu’il ait de possibilité d’emmagasinement pour réduire les débits.

Le Comité de régularisation, appuyé par le Secrétariat pour la régularisation de la rivière des Outaouais, met les prévisions hydrologiques pertinentes qui ont été effectuées pour permettre la gestion intégrée des réservoirs, à la disposition du public et des organismes gouvernementaux, notamment les organismes provinciaux étant donné que la préparation et l’émission des avertissements liés aux inondations le long de la rivière des Outaouais et de ses affluents sont une responsabilité provinciale.

Q6 : De quelles façons la Commission de planification diffuse-t-elle les informations hydrologiques aux autorités responsables et au public?

Le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais (le Comité de régularisation) travaille de façon constante en étroite collaboration avec les autorités provinciales qui sont responsables de la diffusion des avertissements liés aux inondations.

Au Québec, le Centre des opérations gouvernementales du Québec et la Sécurité civile collaborent avec les municipalités afin de protéger les résidents contre les inondations. Ces organismes sont informés des conditions hydrologiques prévues en rivière par le Secrétariat pour la régularisation de la rivière des Outaouais (pour le tronçon principal de la rivière) et par les organismes membre du Comité de régularisation selon quel affluent de la rivière ou quel ouvrage est concerné. Vous pouvez accéder au site de surveillance de la crue des eaux du Québec à partir du site Web suivant : https://geoegl.msp.gouv.qc.ca/adnv2.

En Ontario, les Offices de la protection de la nature et Bureaux de district du Ministère des richesses naturelles et des forêts diffusent les avertissements liés aux inondations et les informations aux municipalités et à ceux qui doivent réagir aux inondations. Vous pouvez consulter les avertissements actuels à partir des sites Web des Offices de la protection de la nature et du site Web provincial suivant : https://www.ontario.ca/flooding.

Le Comité de régularisation publie un communiqué de presse lorsque la crue printanière dans le bassin de la rivière des Outaouais s’amorce et lorsqu’il prévoit que les conditions en rivière le long du tronçon principal de la rivière (soit de l’exutoire du lac Témiscamingue jusque dans la région de Montréal) pourraient dépasser les seuils d’inondations.

Lorsque des conditions anormales en rivière ou des travaux spéciaux effectués sur un ouvrage ou un tronçon de la rivière particulier sont prévus, mais qu’aucun dépassement des seuils d’inondation n’est prévu, le Comité de régularisation ou un des organismes le composant publie un bulletin sur le site Web afin d’en informer les résidents.

Q7 : Puis-je être avisé des changements en rivière au lieu de vérifier votre site Web de façon journalière?

Les résidents peuvent s’abonner au fil Twitter de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais (www.twitter.com/CPRRO )pour être avisés de la publication de communiqué de presse, du début des mises à jour quotidiennes, des prévisions sur quatre jours, ou bien lorsque des bulletins d’information sont affichés sur le site Web.

Q8 : Pourquoi le niveau d’eau dans ma section de la rivière est-il si élevé et qu’il y a des inondations alors que dans d’autres sections le niveau d’eau est plus bas que d’habitude?

Au printemps, la quantité de ruissellement s’accroît et fait gonfler les cours d’eau, ce qui fait augmenter naturellement les niveaux d’eau à tous les endroits. Cependant, dans les sections de rivière qui sont situées en amont et tout près d’une centrale hydro-électrique en rivière, ou au « fil de l’eau », le contraire peut se produire, car le gestionnaire de l’installation peut y contrôler le niveau d’eau de façon à limiter les inondations.

En raison des caractéristiques naturelles de certains tronçons de la rivière, le niveau d’eau en amont d’une centrale hydroélectrique peut avoir un effet de refoulement sur plusieurs kilomètres, parfois sur plus de 50 km. Ainsi, à mesure que le débit de la rivière augmente, certaines centrales doivent abaisser leur niveau d’eau afin de limiter les inondations dans des localités situées loin en amont, et ce, pour que les conditions soient aussi près que possible des conditions naturelles, c’est-à-dire des conditions avant que la centrale soit construite.

Durant cette période où les niveaux sont maintenus bas, le débit qui traverse la centrale est celui de la rivière. Tenter de le retenir et de maintenir les niveaux élevés en amont pourrait entraîner des risques sérieux pour les riverains et les installations au fil de l’eau et les riverains, car ces installations qui n’ont qu’une infime capacité d’emmagasinement.

Les principaux endroits où l’on observe ce phénomène dans le bassin sont en amont des centrales de Chutes des chats, de Carillon, de Paugan et de Chelsea. Il n’est pas rare qu’à ces endroits, les exploitants maintiennent le niveau de la section amont de la rivière bas sur une période de plusieurs semaines, de façon à allouer assez de temps pour que la crue printanière se résorbe et que le débit en rivière ait diminué considérablement et soit jugé sécuritaire. À titre d’exemple, un abaissement de 0,6 m est généralement réalisé à la centrale de Carillon durant la crue printanière.

Q9 : Pourquoi le niveau d’eau est-il si bas à Deux-Rivières (en amont de la centrale Des Joachims) alors qu’immédiatement à l’aval de la centrale, les niveaux d’eau sont très élevés et il y a des inondations?

Durant la crue printanière et autre période de forte hydraulicité, les exploitants emmagasinent le ruissellement dans les principaux réservoirs du bassin selon les principes établis par la Convention de 1983 afin de réduire les impacts dans le bassin qui sont liés aux inondations. Sept des treize réservoirs qui sont sujets à la Convention peuvent influencer les débits de la rivière des Outaouais dans le tronçon entre Rolphton et Fort Coulonge. Six d’entre eux, qui peuvent contenir de volumes considérables d’eau, sont situés dans la région d’Abitibi-Témiscamingue au nord du barrage du Lac Témiscamingue. Ces réservoirs sont les premiers à emmagasiner l’eau de ruissellement au printemps de façon à minimiser l’impact des inondations dans la partie avale de la rivière des Outaouais. L’emmagasinement du ruissellement est optimisé de façon à réduire les forts débits venant du nord tandis que les débits des affluents locaux, comme les rivières Petawawa et Coulonge, qui sont non contrôlés, atteignent leur pic et se mettent à redescendre.

L’installation hydroélectrique Des Joachims, qui comprend le septième des réservoirs principaux, peut avoir un effet de refoulement jusqu’à Mattawa (de façon similaire aux installations dont on a parlé dans la question numéro 5). C’est pourquoi, au printemps, le réservoir de l’installation Des Joachims est rempli en deux étapes de façon à arriver à un équilibre entre le risque d’inondation le long des sections situées en amont et en aval de l’installation. 

Durant la première étape, le réservoir n’est rempli qu’à la moitié, et ce afin de maintenir le niveau en amont de la centrale bas. L’exploitant minimise ainsi l’effet de refoulement de la centrale à Mattawa tout en aidant à atténuer les inondations dans la section en aval en stockant l’eau de la rivière dans le réservoir. Les niveaux d’eau de la section en amont, par exemple à Deux-Rivières, sont alors si bas que seuls les aînés qui ont connu la rivière dans son état naturel d’avant la construction de la centrale en 1950 s’en souviennent.

La deuxième étape, qui consiste à compléter le remplissage du réservoir, est complétée une fois que le risque d’inondation dans la section en amont (à Mattawa) est réduit. Ce n’est seulement qu’à ce moment que le niveau d’eau dans la section amont de la rivière reviendra au niveau normal d’exploitation.

Les riverains du lac Coulonge jouissent du même type de mesures d’atténuation des inondations puisque les niveaux de la section de la rivière en amont des installations de la centrale Bryson et de l’ouvrage du Rocher Fendu sont aussi maintenus bas au besoin selon l’importance des crues printanières.

Q10 : Où puis-je me renseigner sur les niveaux d'eau et les débits enregistrés lors de la crue printanière du lac des Deux Montagnes dans la région de Montréal?

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec a un site Web sur les niveaux d’eau et les débits actuels et prévus pour la région de Montréal à l’adresse suivante :

Q11 : Est-ce que la rivière des Outaouais peut affecter les conditions du fleuve Saint-Laurent?

La rivière des Outaouais a un effet considérable sur le débit du fleuve Saint-Laurent dans le secteur de l’archipel de Montréal à certaines périodes de l’année. C’est pourquoi le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais travaille de concert avec le Bureau de la régularisation des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Ce groupe considère les prévisions des débits de la rivière des Outaouais dans sa prise de décisions stratégiques concernant la régularisation faite par le Conseil international du lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent.

Q12 : Est-ce que le Plan 2014 du fleuve Saint-Laurent a un impact sur les niveaux de la rivière des Outaouais?

Le Plan 2014 n’impacte pas les niveaux d’eau et  les débits de la rivière des Outaouais en amont du barrage de Carillon pour des raisons bien concrètes :

  1. Caractéristiques actuelles de la rivière : Dans toutes les conditions, même lorsque les niveaux d’eau sont très élevés dans la région de Montréal, il est physiquement  impossible de refouler l’eau du fleuve Saint-Laurent (lac Saint-Louis) jusque dans le tronçon de la rivière des Outaouais en amont du barrage de Carillon. La différence entre les niveaux en amont du barrage et ceux  du fleuve est trop grande.  La différence entre les niveaux à différents endroits le long de la rivière est illustrée sur cette figure
  2. Une grande partie de l’eau de fonte et des précipitations est  non régularisée : L’eau de la fonte des neiges et des pluies provenant des parties centrale et sud du bassin de la rivière, qui représentent environ 60% de la superficie du bassin, est non régularisée. Ainsi, les exploitants de barrages qui sont situées dans ces parties ne peuvent pas emmagasiner  l’eau dans la rivière étant donné qu’il n’y a qu’une capacité de stockage minime à ces ouvrages. Il est vrai que ces ouvrages régularisent les niveaux d’eau du tronçon principal de la rivière à presque tous les endroits pendant une bonne partie de l’année. Cependant, les débits de la rivière sont si forts durant la crue printanière que les exploitants de barrages n’ont d’autre choix que d’opérer leurs installations comme si elles étaient au  fil de l’eau, laissant passer toute l’eau qui arrive au barrage. Les opérations ne pourraient donc pas être soumises aux restrictions qui seraient imposées par le Plan 2014 pour le fleuve Saint-Laurent. Pour plus de renseignements concernant la gestion de l’eau des barrages, veuillez-vous référer aux questions B, D, E et I (voir la foire aux questions 2019).
  3. Pas de régularisation par le barrage de Carillon durant une période d’inondation : En dehors des périodes de crue printanière, l’ouvrage régularise les niveaux d’eau en amont du barrage. On observe, durant ces périodes, une différence d’environ 50 cm entre les niveaux d’eau à Hull-Ottawa et le barrage de Carillon. Au cours des crues printanières de 2017 et 2019, c’est une différence de 450 cm (4,5 m ou environ 15 pieds) qui était observée entre ces deux endroits. Pendant les périodes de forts débits, les niveaux d’eau dans le tronçon de la rivière en amont du barrage sont gouvernés par le fort débit de la rivière et les rapides à Grenville (aussi connu sous le nom de rapides du Long Sault) qui se situent une vingtaine de kilomètres en amont du barrage. Durant ces périodes, le barrage de Carillon est exploité comme un ouvrage au fil de l’eau, laissant passer toute l’eau qui arrive au barrage, afin que les conditions en rivière ne dépassent pas les conditions que la rivière aurait connu sans le barrage. 

Graphique du niveau des eaux entre Carillon et Hull

FAQ - crue de 2019

A- Question : Quelle est la cause des inondations? Est-ce que trop de neige et de pluie peuvent vraiment causer l’écoulement de toute cette eau dans la rivière?

Réponse : Les inondations se produisent lorsque le volume d’eau transitant dans une une rivière ou un cours d’eau dépasse la capacité de son lit. Les crues par ruissellement de la fonte des neiges sont le type d’inondation le plus courant au Canada. Gouvernement du Canada – Ruissellement à la fonte des neiges https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/eau-apercu/volume/causes-inondation.html#section1).

Explication : De nombreux facteurs influent sur le volume d’eau qui coule dans une rivière et, par conséquent, sur le risque d’inondation. Parmi les plus importants, mentionnons la quantité et le type de précipitations, la nature et l’état du bassin hydrographique (ou bassin versant), ainsi que le climat. Au cours d’un hiver canadien classique, la majeure partie des précipitations s’accumule simplement sous forme de neige ou de glace au sol. Pendant la fonte printanière, de grandes quantités d’eau sont libérées et sont susceptibles de se combiner à la pluie, ce qui peut entraîner un fort débit printanier et des inondations. C’est ce qu’on appelle la crue printanière.

Au printemps, lorsque le sol est saturé et encore partiellement gelé, sa capacité à absorber l’eau est réduite. Lorsque la neige fond, une grande partie de l’eau qu’elle contient se retrouve ainsi dans la rivière. De plus, lorsqu’il pleut en même temps que la neige fond, une partie encore plus grande de l’eau qu’elle contient se combine à la pluie et s’écoule à la surface du sol vers les basses terres et les cours d’eau.

Au total, c’est une zone deux fois plus grande que la superficie du Nouveau-Brunswick qui est drainée par la rivière des Outaouais. À titre d’exemple, en supposant que 50 mm de pluie tombaient sur une grande partie du bassin versant et que la moitié de cette pluie s’écoulait dans la rivière, cela représenterait un volume supplémentaire de 3 650 millions de mètres cubes d’eau dans la rivière, soit l’équivalent de plus de 1 000 000 de piscines olympiques.

(Source : Environnement et Changement climatique Canada)

B- Question : Pourquoi la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais n’arrive-t-elle pas à prévenir ou à arrêter les inondations?

Réponse : Les années où le ruissellement printanier est important, il est impossible de prévenir les inondations.

Explication : La principale façon de prévenir ou de réduire les inondations est d’emmagasiner l’eau de la fonte printanière ou le ruissellement dans de grands réservoirs que l’on appelle les principaux réservoirs. En emmagasinant ou en stockant l’eau dans ces réservoirs, le volume d’eau transporté par la rivière (ou le débit de la rivière) est réduit en aval. Les principaux réservoirs du bassin de la rivière des Outaouais sont assez grands pour contenir environ 40 % du ruissellement printanier moyen. En utilisant les principaux réservoirs de cette façon, il est possible d’éviter d’importantes inondations en aval la plupart du temps.

Une inondation se produit sur le cours principal de la rivière des Outaouais lorsque :

  • Le ruissellement printanier dépasse largement la capacité des principaux réservoirs — Chaque année, les principaux réservoirs sont vidés au cours de l’hiver, puis se remplissent pendant la période des crues printanières sur une période de plusieurs semaines voire plusieurs mois. Une fois pleins, les principaux réservoirs doivent laisser passer le ruissellement printanier qui s’y écoule dans les zones en aval.
  • Il y a un important ruissellement printanier dans les régions où il n’y a pas de principaux réservoirs — Les barrages sur la rivière des Outaouais dans les parties centrale et sud du bassin versant ont très peu de capacité pour emmagasiner le ruissellement printanier. Durant les périodes de forts débits, ces installations sont gérées comme des barrages au fil de l’eau[1]. Leur volume de stockage est très faible par rapport au débit global de la période de crue. À titre d’exemple, si ces barrages devaient être fermés au maximum de la crue printanière, ils seraient pleins et empireraient les inondations en amont en quelques heures. Pour arriver à réduire les inondations en aval d’un barrage, il faut pouvoir retenir l’eau sur une période de plusieurs jours (voire plusieurs semaines) selon les conditions en rivière.

Barrage Carillon situé dans la partie sud de la rivière des Outaouais, le 25 avril 2019

[1]La centrale Des Joachims est gérée comme une centrale au fil de l’eau pour les raisons expliquées dans la FAQ no 8.

C- Question : Qui contrôle les niveaux d’eau de la rivière des Outaouais?

Réponse : En raison de la nature intergouvernementale de la rivière des Outaouais (partagée entre l’Ontario, le Québec et le Canada), il n’y a pas d’organisme responsable unique pour le contrôle des eaux. Un groupe d’organismes, chacun responsable de leur opération, forme le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais et travaille ensemble dans le but d’exercer une gestion intégrée du débit des treize principaux réservoirs du bassin de la rivière des Outaouais. Au printemps, cette gestion vise principalement à minimiser les impacts reliés aux inondations.

Explication : La Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais n’est pas une commission de contrôle. Il s’agit d’une commission créée par les gouvernements pour que les débits des principaux réservoirs soient gérés de façon coordonnée par les quatre organismes qui les exploitent. Ces organismes sont l’Ontario Power Generation, Hydro-Québec, le gouvernement du Canada[1] et le gouvernement du Québec[2]. Le Secrétariat pour la régularisation de la rivière des Outaouais, composé de deux ingénieurs, appuie le travail du Comité de régularisation et de la Commission de planification et communique avec les médias, le public et les organismes gouvernementaux au sujet du débit et du niveau de l’eau sur la rivière des Outaouais.

Chacun des quatre organismes demeure responsable de la gestion de ses installations et principaux réservoirs.  La gestion de l’eau y est assujettie à des lois et règlements provinciaux et fédéraux. Ces exigences en matière de gestion, lesquelles consistent à respecter les niveaux et débits d’eau environnementaux ou prévus par la loi ne s’appliquent toutefois pas à tous les endroits de la rivière et en toutes circonstances. En effet, entre le lac Témiscamingue et le lac des Deux-Montagnes, les niveaux maximums de la rivière en temps de crue dans les secteurs vulnérables aux inondations sont le résultat  de phénomènes naturels tels que les précipitations, les températures et contraintes physiques naturelles de la rivière. C’est pourquoi les niveaux de pointe atteints peuvent dépasser les niveaux maximums réglementaires, là où ils existent, si le débit de la rivière est suffisamment grand.

[1] Services publics et Approvisionnement Canada

[2] Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec

D - Question : Comment gère-t-on les installations qui sont situées entre le lac Témiscamingue et le lac des Deux-Montagnes le long de la rivière des Outaouais durant les périodes de forts débits?

Réponse : Sur la rivière des Outaouais, entre le lac Témiscamingue et son exutoire au lac des Deux-Montagnes, les installations sont gérées comme des barrages (ou centrales) au fil de l’eau (voir le glossaire).

Explication : Ces installations ne peuvent pas retenir l’écoulement de l’eau dans la rivière étant donné qu’elles ont une capacité de stockage minime. Les exploitants de ces installations abaissent le niveau du bief amont, soit juste en amont du barrage, avant que les forts débits causent des inondations, de façon à ce que les inondations dans le tronçon amont qui sont dues aux contraintes naturelles de la rivière ne soient pas empirées par la présence de l’installation lorsque les débits en rivière augmenteront. Une fois le niveau du bief abaissé, toute l’eau qui arrive au barrage est libérée, sans restriction. Les exploitants de barrages décrivent généralement cette opération comme étant le « passage du débit de la rivière ». Les exploitants laissent passer plus d’eau à l’installation en ouvrant davantage les vannes du barrage ou en enlevant des poutrelles à mesure que le débit de la rivière augmente. De la même façon, ils laissent passer moins d’eau en refermant les vannes ou en replaçant les poutrelles lorsque le débit de la rivière diminue. Ce mode d’opération ne change en rien le fait que dans les secteurs inondés en amont de l’installation, les niveaux d’eau sont contrôlés par les caractéristiques physiques naturelles de la rivière et non l’installation (voir Question E).

Pendant une période de forts débits qui causent des inondations, le cours principal de la rivière est considéré comme non régularisé parce que l’eau dans cette section de la rivière ne peut pas être emmagasinée de façon à réduire les débits et les niveaux.

E- Question : Pourquoi les exploitants des centrales de Carillon, de Chutes des chats, et de Bryson ne font-ils pas baisser le niveau de l’eau de la rivière lorsqu’il y a des inondations entre Gatineau (Hull) et Hawkesbury, au lac des Chats, ou bien au lac Coulonge?

Réponse : Les exploitants des centrales de Carillon, de Chutes des Chats et de Bryson feraient baisser les niveaux d’eau le long des tronçons situés en amont de celles-ci lorsque des inondations s’y produisent s’ils le pouvaient. Toutefois, ce n’est physiquement pas possible de le faire. Ouvrir davantage les vannes (ou portes) du barrage ou enlever plus des poutrelles ne ferait pas descendre les niveaux d’eau. Dans les secteurs qui sont inondés en amont de ces installations, le niveau d’eau est gouverné par le fort débit de la rivière et les contraintes naturelles et autres caractéristiques de la rivière en amont. Pendant les périodes de forts débits qui causent des inondations, les exploitants de ces centrales abaissent le niveau du bief amont, soit juste en amont du barrage. En abaissant ainsi le niveau à l’installation, le niveau de la rivière dans la section qui est inondée devient contrôlé par les contraintes physiques (tels que des rapides) de la rivière, qui existaient avant la construction de l’installation.

Explication : Au printemps, les niveaux d’eau de la rivière augmentent naturellement parce que le volume d’eau qui s’écoule dans la rivière est accru par le ruissellement naturel de la fonte des neiges et des pluies. Les contraintes naturelles sur la rivière et d’autres caractéristiques, comme les îles, limitent l’écoulement de l’eau. Comme dans toutes rivières naturelles, lorsque les débits augmentent, les niveaux d’eau de la rivière augmentent aussi.

Niveau d’eau en amont d’une installation hydro-électrique

graphique du niveau d'eau en amont d'une installation hydro-électrique

Graphique du niveau d'eau en amont d'une installation hydro-électrique</

Il n’y a aucun moyen de forcer l’écoulement de l’eau dans le réseau hydrographique. L’eau doit s’écouler naturellement hors de la section de la rivière, à une vitesse qui est régie par les caractéristiques physiques de la rivière (p. ex. pente du lit de la rivière, rétrécissements naturels comme les rapides, largeur de la rivière, lit de rivière et type de berge comme les roches ou le sable). Pourvu que le niveau d’eau à l’installation soit maintenu bas de façon à laisser la rivière contrôler par ses caractéristiques naturelles les niveaux en amont, augmenter le débit à l’installation n’apporterait pas de changement aux niveaux en amont du point naturel de contrôle de la rivière. Diminuer le débit à l’installation ferait par contre augmenter les niveaux en amont de l’installation et redonnerait le contrôle du niveau à celle-ci.  Le niveau d’eau élevé à l’installation causerait des niveaux d’eau en amont du point naturel de contrôle de la rivière plus élevés que ceux qui auraient été observés avant la construction de l’installation.  C’est pourquoi ces installations ne diminuent pas le débit de la rivière durant des périodes de forts débits.  Elles sont plutôt gérées selon le mode de « passage du débit de la rivière » comme expliqué à la Question D.

F- Question : Pourquoi le niveau d’eau de la rivière des Outaouais n’est-il pas abaissé plus tôt, par exemple en février, pour prévenir les inondations?

Réponse : Réduire les niveaux d’eau plus tôt dans l’année ne changerait pas l’intensité de l’inondation au printemps.

Explication : Aux principaux réservoirs, les niveaux d’eau sont progressivement abaissés de la mi-décembre à la fin du mois de mars. Le réservoir Des Joachims, qui est le plus petit des treize principaux réservoirs, peut se vider en un mois. Son réservoir est vidé chaque année pendant le mois de mars. L’eau stockée dans ces réservoirs sort de la rivière avant que le ruissellement naturel ne cause des inondations en aval ou dans les communautés locales. Le public peut suivre la vidange et le remplissage des principaux réservoirs chaque année sur le site Web de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais.

Cette stratégie de régularisation permet de réduire au minimum le débit provenant des principaux réservoirs  de la rivière des Outaouais à la fin de mars, avant le début de la période habituelle de fonte des neiges. Le débit restant dans la rivière juste avant le début du printemps est le total de tous les affluents naturels (rivière Petawawa, rivière Rouge, etc.) du système, que l’on appelle le débit de base. Ce débit de base varie naturellement selon les conditions hivernales et les cycles de dégel.

Les installations qui sont exploitées comme des barrages au fil de l’eau durant les périodes de forts débits ont de faibles quantités de stockage amont et quelques jours suffisent pour abaisser le niveau d’eau retenu dans le bief en amont de leurs barrages. Au printemps, les exploitants suivent de très près les prévisions liées aux cours d’eau  afin d’éviter un refoulement de l’eau au-dessus du barrage. Pour ces installations qui sont exploités comme des installations au fil de l’eau durant les périodes de forts débits, les niveaux d’eau sont abaissés juste avant que le ruissellement provenant de la fonte des neiges augmente de manière importante. Cela peut être observé sur la rivière, à certains barrages au fil de l’eau, par la présence de faibles niveaux juste en amont de ces barrages. L’abaissement des niveaux d’eau aux installations au fil de l’eau, en février alors que les débits de la rivière sont bas, entraînerait une baisse prolongée des niveaux d’eau pendant environ dix semaines, mais ne réduirait pas les inondations causées par la fonte printanière.

G- Question : Dans quelle mesure les barrages (réservoirs) ont-ils contribué aux inondations de 2019?

Réponse : Les barrages qui retiennent l’eau dans les réservoirs principaux aident à réduire les inondations en aval en conservant de grands volumes d’eau hors des cours d’eau inférieurs, ce qui atténue les inondations en aval. Les barrages au fil de l’eau situés le long de la rivière des Outaouais ne causent pas d’inondation et n’aggravent pas les inondations naturelles (voir FAQ no 8 et 9).

Explication : Au cours de la crue printanière de 2019, la stratégie de régularisation consistait à réduire le débit d’eau des principaux réservoirs tant que les rivières au sud comme Petawawa, Dumoine, Coulonge, Mississippi, Petite Nation et Rouge avaient atteint leur pointe de crue et aient débuté leur décrue. On estime que l’utilisation optimale du stockage effectué pendant les inondations de cette année a réduit d’au moins 40 cm la pointe de la crue le long du cours principal de la rivière.

Une analyse plus détaillée avec des valeurs précises sur la réduction des niveaux d’eau sera fournie dans le document Sommaire de la crue printanière de 2019 que le Comité de régularisation produira.

H- Question : Les sociétés hydroélectriques font-elles des profits en raison des inondations?

Réponse : Non. Pour une production hydroélectrique efficace, il faut un niveau d’eau élevé en amont du barrage et un faible niveau d’eau en aval. Lors d’une inondation, c’est le contraire qui se produit alors que les niveaux du bief amont sont abaissés de façon à ce que les inondations dans le tronçon amont qui sont dues aux contraintes naturelles de la rivière ne soient pas empirées et que les niveaux en aval sont naturellement élevés en raison des forts débits de la rivière.  Aussi la période de crue printanière n’est pas une période de pointe pour la demande en électricité comme peut l’être l’hiver ou l’été lors des grosses chaleurs.

Explication : L’atténuation des inondations et la sécurité du public sont les objectifs prioritaires des activités de gestion de l’eau d’Hydro‑Québec et de l’Ontario Power Generation pendant la fonte printanière. Les conditions en rivières lors de périodes de fortes crues ne constituent pas des conditions efficientes pour la production d’énergie hydroélectrique et l’excès d’eau doit passer par les vannes de déversement des barrages. Une grande partie de l’eau ne passe pas par les turbines et ne sert pas à produire de l’électricité, il n’y a donc pas d’avantage pour Hydro-Québec ou Ontario Power Generation.

I- Question : Les communautés situées le long de la rivière des Outaouais sont-elles sacrifiées pour protéger la région de Montréal?

Réponse : Non. Toutes les communautés situées en aval des principaux réservoirs bénéficient de l’eau qui est stockée et qui, par conséquent, ne peut pas s’écouler en aval pendant la crue printanière.

Explication : Les impacts reliés aux inondations dans l’archipel de Montréal sont atténuées en emmagasinant (ou en stockant) le ruissellement printanier dans les principaux réservoirs afin de réduire les pointes des crues. Puisque les principaux réservoirs sont situés principalement dans les secteurs nord du bassin de la rivière des Outaouais et que l’eau s’écoule du nord au sud, toutes les sections de la rivière bénéficient du stockage de l’eau lorsque se produit une inondation. De plus, étant donné que les débits de pointe se produisent à différents endroits le long de la rivière, à l’intérieur de deux à trois jours l’un de l’autre, le bienfait d’utiliser le réservoir pour réduire les débits de pointe s’applique à l’ensemble de la rivière. Par exemple, dans la partie supérieure de la rivière des Outaouais, la ville de Mattawa bénéficie de la présence des six réservoirs situés dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue. Par conséquent, la ville profite de débit inférieur à ce qu’elle aurait eu s’il n’y avait pas de réservoirs en amont. De même, les résidents en aval des municipalités comme Constance Bay, sur le lac Deschênes, bénéficient de huit réservoirs de stockage d’eau. Deux réservoirs sont situés sur la rivière Gatineau et trois autres sur la rivière du Lièvre qui se jettent dans la rivière des Outaouais en aval du lac Deschênes. Ainsi, la zone inférieure de la rivière entre le lac Deschênes et la région de Hawkesbury-Grenville bénéficie des treize réservoirs principaux, tout comme la région de Montréal qui en bénéficie aussi.

J- Question : Au cours de la longue fin de semaine de Pâques 2019, les prévisions de crue du Comité de régularisation sont passées d’une crue printanière supérieure à la moyenne à une inondation importante. Pourquoi?

Réponse : Deux événements pluvieux majeurs provenant du Colorado et du Texas ont fusionné et apporté de 20 à 50 mm de précipitations sur une grande partie du bassin de la rivière des Outaouais. Ces événements se sont produits au même moment où le ruissellement printanier de la fonte des neiges avait déjà dépassé des niveaux de crues majeurs dans la plupart des zones sensibles aux inondations le long de la rivière des Outaouais. Ces événements météorologiques ont été les premiers parmi de nombreux autres à toucher le bassin versant et à hausser les niveaux de crues.

Explication : Malheureusement, il est possible de prévoir avec précision la quantité de précipitations que les systèmes de tempête apporteront uniquement quelques jours avant qu’elles ne se produisent. Trois jours avant l’arrivée des deux épisodes de précipitations abondantes, le 16 avril 2019, le Comité de régularisation a publié un communiqué pour avertir les résidents que, compte tenu des prévisions de pluie et des températures, des niveaux et des débits le long de la rivière des Outaouais entre le lac Coulonge et la région de Montréal pourraient atteindre les conditions observées au premier sommet de l’inondation de 2017. Toutefois, deux jours plus tard et un jour avant le début de la pluie, les prévisions météorologiques annonçaient une quantité encore plus élevée de pluie. C’est pourquoi, le 18 avril, le Comité de régularisation a publié un autre communiqué informant les résidents d’un risque accru d’inondation et du risque que l’état des rivières s’aggrave comme en mai 2017.

K- Question : Les conditions météorologiques étaient-elles vraiment mauvaises cette année?

Réponse : Oui. Le bassin de la rivière des Outaouais a été touché par des pluies abondantes alors que la fonte de l’important couvert de neige avait déjà causé des inondations historiques dans les affluents qui se jettent dans la rivière des Outaouais.

Explication : L’eau contenue dans le couvert de neige était environ le double de celle d’une année normale au début du printemps. Le printemps a été tardif avec des températures inférieures à la moyenne et la neige s’accumulait encore sur une grande partie du bassin versant. Avec peu d’ensoleillement et des températures plus fraîches qu’à la normale, la réduction du manteau neigeux était faible au début du printemps. Le mois d’avril a été pluvieux, apportant  environ deux fois plus de pluie qu’à la normale, et a été caractérisé par une séquence d’épisodes de pluies abondantes qui s’est poursuivie en mai. Tous ces événements sont venus s’ajouter aux eaux de ruissellement dans les cours d’eau déjà gonflés par un important volume d’eau provenant  de la fonte des neiges.

De nombreux affluents (rivières Petawawa, Coulonge, Madawaska, Petite Nation et Rouge), situés dans la partie centrale du bassin versant, affichaient des débits records qui ont apporté des quantités exceptionnelles de ruissellement printanier dans la rivière des Outaouais, causant le premier débit de pointe entre le 29 avril et le 1er mai. D’autres affluents comme les rivières Mississippi et Bonnechère ont subi d’importantes inondations causant des répercussions dans les communautés situées le long de leurs rives. Les débits de nombreux petits affluents ont connu des records historiques, emportant des portions de routes et de ponceaux.

graphique des variations des débits quotidiens de la rivière Petawa

Variation des débits quotidiens de la rivière Petawa

L- Question : Pourquoi y a-t-il des inondations certaines années et aucune inondation d’autres années, même si les conditions météorologiques de ces années se ressemblent?

Réponse : Les conditions météorologiques varient d’un jour à l’autre et d’une année à l’autre. Les inondations printanières sont affectées par de multiples facteurs et aucune inondation n’est en tous points pareille à une autre. Certaines années peuvent sembler connaître des conditions météorologiques semblables; toutefois, des régimes météorologiques divers dans différents secteurs du bassin peuvent influer grandement sur l’intensité d’inondation à certains endroits.

Explication : Deux années qui connaissent des caractéristiques météorologiques a priori semblables peuvent provoquer des inondations printanières très différentes. Par exemple, dans la région du lac Coulonge, des inondations se sont produites en 1985, mais pas en 1984. Pourtant, les deux années avaient connu des précipitations totales semblables. L’endroit exact où se produisent les précipitations et la concentration des pluies sur une courte ou une longue période de temps peuvent entraîner des effets très différents à un endroit donné. Dans le cas des inondations dans la région du lac Coulonge, ce type d’analyse révèle que le débit de la rivière Coulonge en 1985 était environ le double de celui de 1984. Les inondations dans les affluents naturels non régularisés indiquent que les précipitations reçues sont d’une intensité suffisante pour causer des inondations en aval.

Un autre exemple est l’épaisseur de neige au sol, un facteur qui sert d’indicateur de la quantité d’eau présente dans la fonte au printemps. En général, l’eau contenue dans la neige au sol n’est qu’un indicateur de l’état potentiel de la rivière au printemps, puisqu’une grande partie de la neige est susceptible de s’évaporer.

M- Question : Pourquoi ma ville subit-elle des inondations pires que dans les autres villes?

Réponse : Les conditions météorologiques, les caractéristiques naturelles de la rivière en aval, comme les rétrécissements et les rapides, ainsi que l’emplacement géographique d’une ville comparativement aux principaux réservoirs du nord régissent le moment et l’intensité des inondations dans différentes villes.

N- Question : Devons-nous anticiper de grandes inondations tous les deux ou trois ans? Les inondations sont-elles la nouvelle norme?

Réponse : On ne s’attend pas à ce qu’il y ait des inondations tous les deux ans. Au cours d’une année donnée, la probabilité qu’il y ait une inondation moyenne représente 5 % (par exemple, une inondation en moyenne tous les 20 ans) et cette probabilité s’élève à 1 % dans le cas d’une inondation majeure (par exemple une inondation en moyenne tous les 100 ans). Par contre, des cas d’inondation majeure peuvent parfois être rapprochés, comme durant les années 70, au lieu d’être distribués uniformément dans le temps.

Explication : Les débits de la rivière des Outaouais varient d’une année à l’autre parce que les conditions météorologiques qui touchent le bassin versant, comme les précipitations et les températures, changent d’une année à l’autre. C’est la nature qui détermine la séquence des précipitations et des températures qui provoque les inondations. C’est pourquoi le risque d’inondation est souvent décrit comme une probabilité d’occurrence, comme une probabilité de 5 % ou de 1 % d’inondation au cours d’une année donnée.

Certains se souviendront des inondations qui se sont produites dans les années 1970. De graves inondations sont survenues en 1974 et en 1976 dans de nombreuses régions. Pourtant, au cours des deux décennies suivantes, les débits ont fluctué de manière normale et n’ont pas causé de graves inondations. La variabilité naturelle est souvent oubliée dans l’équation. C’est en partie pourquoi les inondations exceptionnelles sont si souvent imprévues. Des inondations importantes se sont produites le long de la rivière des Outaouais dans les années 1920, 1950, 1970 et 2010. Des inondations se reproduiront de nouveau, mais nous ne savons tout simplement pas à quel moment.

O- Question : Les organismes du Québec et de l’Ontario se parlent-ils?

Réponse : Les organismes du Québec et de l’Ontario qui participent à la gestion des débits de la rivière des Outaouais communiquent quotidiennement pendant la saison des crues printanières pour évaluer conjointement les conditions en cours et prévues de la rivière et les mesures anticipées pour minimiser les impacts des inondations.

Explication : Les organismes qui ont des réservoirs importants dans le bassin de la rivière des Outaouais forment le Comité de régularisation (voir Question C), un organisme consensuel qui met en œuvre des stratégies de régularisation appropriées conformes aux politiques de régularisation et aux critères adoptés par la Commission de planification. Les travaux du Comité comprennent la détermination de l’état actuel des cours d’eau, la prévision de l’état des cours d’eau et des stratégies opérationnelles, dont l’augmentation ou la diminution du débit des principaux réservoirs. Le Comité est également chargé de fournir aux organismes gouvernementaux et au public des renseignements pertinents sur les conditions prévues des rivières.

En 2019, le Comité a tenu 50 téléconférences pendant la crue printanière.

P- Question : Les barrages sont-ils gérés par ordinateur?

Réponse : Les analyses et les décisions relatives à la stratégie de gestion de l’eau sont effectuées par du personnel technique qualifié et expérimenté. Quoique de nombreux processus soit automatisés, par exemple, la collecte et la transmission de données hydrologiques et l’exploitation de certaines structures de contrôle du débit d’eau, ceux-ci sont constamment surveillés par le personnel technique. De plus, diverses technologies sont utilisées pour fournir des conseils et du soutien à la prise de décisions, dont des modèles de prévisions météorologiques et hydrologiques. La modélisation et les prévisions ne sont utilisées que comme intrants dans le processus décisionnel dans le cadre de l’exploitation des grands réservoirs.

Q- Question : Qu’a fait la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais pour améliorer ses communications après 2017? Qu’y a-t-il d’autre à faire?

Réponse : À la suite de l’inondation printanière de 2017, la Commission de planification a pris plusieurs mesures concernant les communications. Compte tenu de l’importance des prévisions de débit en temps opportun pour la protection contre les inondations, elle a consulté les organismes provinciaux responsables des messages relatifs aux inondations à l’intention des résidents. Suite à ces consultations, des améliorations aux voies de communication ont été apportées. La Commission de planification a également répondu au désir du public de bénéficier d’un meilleur accès aux conditions du débit des cours d’eau et a entrepris une refonte de son site Web. Malheureusement, la refonte du site Web n’était pas terminée avant la crue printanière de 2019. De plus, la Commission de planification et ses organismes membres ont effectué de nombreuses présentations visant à sensibiliser les représentants municipaux de l’Ontario et du Québec pour les renseigner quant aux limites de la régularisation et pour s’assurer que les coordonnateurs à la gestion des urgences savent que des prévisions sont accessibles.

Pour ce qui est de l’avenir, la Commission de planification reconnaît que les communications ont énormément évolué au cours des dernières années avec les médias sociaux. Pour s’y adapter, elle évaluera les nouvelles façons de communiquer les stratégies de gestion de l’eau rapidement et efficacement, surtout lors d’événements hydrologiques majeurs.